Burundi: paysage historique et politique


L'histoire du Burundi est marquée par l'existence d'un royaume ancien, préexistant à la période coloniale, et dont les frontières ont été à peu près conservées. Il s'est implanté à partir du XVIe s. ou du XVIIe s. sur un territoire peuplé dès le premier millénaire avant J.-C. C'était une monarchie de droit divin, très structurée, peu ouverte sur l'extérieur. Cet Etat enclavé d'Afrique de l'est, situé dans la région des Grands Lacs, est peuplé de Hutu (85 %), de Tutsi (14 %) et de Twa (1 %) et se caractérise par son homogénéité culturelle et linguistique. Les langues officielles sont le kirundi et le français; le swahili est employé comme langue véhiculaire.

Depuis son accession à l'indépendance, le Burundi est confronté à des crises sociopolitiques cycliques qui ont été à l'origine des violences extrêmes, de vagues massives de réfugiés et déplacés, de destructions et pertes en infrastructures et biens socioéconomiques. La crise qui s'est déclenchée en 1993 a été la plus longue et c'est par conséquent elle qui a entraîné le plus d'impacts négatifs sur le système politique. En effet, outre le coup d'arrêt porté au processus de démocratisation et la détérioration des indicateurs de développement socioéconomique qu'elle a entraînés, cette crise a provoqué la dégénérescence et l'effritement de l'autorité et des valeurs à tous les niveaux.

Un des facteurs générateurs de conflits reste indéniablement la pression démographique et ses effets sur une économie largement tributaire du secteur primaire. La population estimée à 8 millions d'habitants double tous les trente ans au rythme de 3 % par an. Environ la moitié des Burundais a moins de 15 ans, 90% de la population vit de l'agriculture. La part de la population avec moins d'un dollar US par jour est estimée à 70%.

Après la brusque interruption en 1993 du processus de démocratisation, une initiative régionale (Ouganda, Tanzanie, Afrique du Sud), soutenue par la communauté internationale, est parvenue en août 2000 à la signature à Arusha d'un Accord pour la Paix et la Réconciliation au Burundi. L'Accord d'Arusha exige une réconciliation et une unité nationale et prévoit le principe des équilibres ethniques. Entré en vigueur en novembre 2001, l'Accord a marqué le début d'une période de transition, dont l'une des étapes importantes a été la promulgation, le 28 octobre 2001, de la Constitution de transition devant régir le fonctionnement des institutions durant une période de 36 mois.

En février 2005, les Burundais ont été appelés à approuver par référendum une nouvelle Constitution. La Constitution post-transitoire stipule que le Burundi est une république indépendante, démocratique, souveraine et laïque, " respectant sa diversité ethnique et religieuse ". Elle impose le respect d'un équilibre politico-ethnique au sein des institutions, de l'administration, ainsi qu'un gouvernement inclusif des principales forces politiques et des forces de sécurité en déterminant des quotas de représentation entre les Hutu et les Tutsi et en garantissant une représentation de 30 % pour les femmes.

L'approbation de cette Constitution a permis la mise sur pieds d'une série de scrutins destinés à renouveler entièrement les institutions du pays et à mettre un terme définitif à la guerre civile. La victoire fut reportée par le Conseil National pour la Défense de la Démocratie - Forces de Défense de la Démocratie (CNDD-FDD) et par son candidat à l'élection présidentielle, élu à suffrage indirect, Pierre Nkurunziza. En avril 2009, deux ans et demi après la signature du cessez-le-feu entre le Gouvernement et le Palipehutu-Forces Nationales de Libération (FNL), ce dernier mouvement rebelle s'est transformé en parti politique et a intègré les institutions de l'Etat.

De mai à septembre 2010, des élections ont lieu à tous les niveaux de l'Etat burundais : élections communales (21 mai), élections présidentielles (28 juin), élections législatives (23 juillet), élections sénatoriales (28 juillet) et élections collinaires (7 septembre). Pour la première fois depuis 1993, l'électorat burundais élira directement son Président.